Elle se sent triste aujourd'hui. Cela ne s'explique pas plus que l'apaisement ressenti face à une ½uvre d'art. C'est comme ça, on n'y peut rien. Elle a eu beaucoup de mal à se lever, et maintenant que c'est fait, elle ne sait pas quoi faire de la longue journée qui se profile a l'horizon. Elle hésite à retourner sous ses draps et ne penser a rien. Mais finalement elle se dirige vers la penderie, allume une lampe et attend que la chaude lumière se diffuse. Sur la pointe des pieds elle cherche une boîte, tout en haut, entre les mâles, les valises et des boîtes à chaussures. Ses mains s'agitent, elle tâtonne et sent son ventre se nouer à l'idée que ce qu'elle cherche ne s'y trouve pas. Elle reconnaît alors la douce de la soie qui recouvre la chère boîte et l'attrape. Cette boîte est le trésor d'une femme de soixante ans, usée et seule. Elle la pose sur son bureau, tire les rideaux, aère la chambre, fait son lit. Quand elle se sent enfin prête, elle se décide à ouvrir la boîte des souvenirs. Voilà, elle retire le couvercle doucement, une odeur de lavande et de rose embaume instantanément la pièce. C'est l'odeur de sa jeunesse, du sud de l'Italie, de ses grands-parents qui l'ont élevé, l'odeur de ses premiers émoies, de ses premiers amours, du début de sa vie. Dieu ! C'est si loin maintenant. Elle pioche au hasard une photo d'elle, si jeune et heureuse, allongée dans l'herbe, dans le jardin ensoleillé de sa grand-mère. Elle se souvient qu'avec le maillot de bain bleu turquoise qu'elle portait ce jour-là, elle avait eu le droit à un véritable sermon de son oncle qui trouvait scandaleux qu'on puisse lui voir le ventre. A l'époque elle s'amusait à saluer les jeunes hommes et trouvait beaucoup de plaisir à les voir rougir et baisser les yeux. Elle pose la photo et redécouvre une lettre, une parmi tant d'autre, que son premier amour lui avait écrite. Celle-ci est jaunie et l'encre passée mais elle peut toujours y lire une déclaration d'amour passionnée. Comme dans toutes les autres, il déclarait à la jeune femme naïve et fragile qu'elle était alors qu'il ne voyait pas sa vie sans elle. Et elle avait cru de tout son c½ur, elle faisait confiance en cet homme, a son soit disant amour, aux rêves qu'il disait avoir pour eux deux. Cela lui avait semblé bien merveilleux. Depuis elle avait apprit à ne plus croire aux princes charmant car ses princes à elle, n'ont jamais rien eu de charment. A présent, elle tient dans ses mains un paquet de cartes postales venant d'Espagne, d'Egypte, de Londres, de Paris, de Pologne et d'ailleurs. Sa famille ou des amis qui avaient pensé a elle durant leurs vacances. Des invitations pour de nombreux mariages, elle qui était éternellement seule, il faut avouer qu'elle les avait envié. Et puis quelques faire part de décès d'amis proches, de famille éloigné, de ses grands-parents...Chaque enterrement étaient devenu une pierre dans son c½ur. L'homme qu'elle de sa vie, le seul qu'elle a vraiment aimé et qu'aujourd'hui elle aime encore, plus que tout. La laisse seul dans la sombriter , l'autre s'en fout . Les larmes inondent la boîte. C'est dure d'être seule, ça rend vieille et froide. Ça rend malheureuse et encore plus seule. Une bague en toc, serment d'une amitié inexistante à présent, mais qui paraissait ne jamais pouvoir être brisée à l'époque. Des photos, encore. Ses amis, sa meilleur amie , son meilleur amie , Maax , Sarah ... &é les autres . La photo de mariage des ses parents . Ses grands parents, sa famille lors des réunions annuelles au soleil . Les voyages, les sorties, les amourettes...Les paysages merveilleux de son enfance. Elle ferme la boîte, la range pour la dernière fois. Elle a les yeux gonflés, les larmes forment des rivières sur ses joues, les lèvres tremblantes, des images pleins la tête. Elle ferme les yeux. Elle ne les rouvrira plus